Tou Bichvat, cette fête si discrète dans notre calendrier mais en même temps si spéciale approche et c’est l’occasion pour nous de s’émerveiller devant la création d’Hakadoch Baroukh Hou. L’on assiste à toute une variété de fruits, de légumes et d’autres aliments qui se distinguent par un panache de formes, de couleurs, de textures, et de saveurs sans compter les différents minéraux et vitamines que chacun d’eux vient apporter à l’homme.
La nature toute entière étant l’œuvre du Créateur, on peut se demander quel(s) message(s) Hachem tient à nous transmettre à travers cette richesse et cette diversité. Si nous calculons le temps passé autour des préparations culinaires, à savoir faire les courses, les ranger, éplucher les légumes, les vérifier, puis les cuire (sans oublier notre chère vaisselle qui nous attend sagement), on s’aperçoit qu’une importante partie de notre vie y est consacrée. Serait-ce du temps perdu ? Bien sûr que non ! Le rav Pinkous nous enseigne que le fait de se nourrir constitue une grande partie de notre Service divin et nous pouvons ainsi nous attacher à Hachem et s’en rapprocher davantage.
En effet, nous sentons directement les bienfaits de ce que nous mangeons, une petite collation nous sort très vite d’un moment de faiblesse. À travers les mots que nous disons après avoir mangé : « Tu es bon et fais du bien à tous », nous avons l’occasion d’exprimer cela pleinement. Le plaisir que nous ressentons en mangeant est un cadeau d’Hachem ainsi que nous l’enseigne le Ram’hal : « Hachem attend de l’homme qu’il profite du monde qu’Il a créé » et n’oublions pas de L’en remercier.
Avoir faim, c’est quoi ?
Cependant, nombre d’entre nous se demandent comment parvenir à un équilibre alimentaire sans être dans l’excès. Le Rambam nous recommande de manger de façon saine en ne se rassasiant qu’aux trois quarts. Cela ne paraît pas simple, surtout dans une époque où tellement d’abondance et de nouveaux produits remplissent les rayons des magasins à profusion.
Comment y parvenir ? La rabbanite ‘Hava Shmilovitz nous enseigne que l’on peut distinguer deux sortes de faim, celle qui est de nature physiologique et celle qui est d’ordre émotionnel ou sentimental. Lorsqu’un nourrisson vient au monde, il pleure lorsqu’il a faim puis s’arrête de manger lorsqu’il est rassasié. Par la suite, lorsque l’enfant grandit, le besoin de manger n’est plus uniquement physiologique et l’enfant commence à être attiré par la nourriture pour d’autres raisons.
L’alimentation émotionnelle, sans que l’on en soit conscient, joue un rôle prépondérant dans notre façon de manger. Ainsi, plutôt que de se préoccuper sans arrêt de compter les calories de notre assiette (et de jongler d’un régime à un autre), occupons-nous de ce qui nous amène à manger.
Est-ce une forme de décompression après une journée chargée ? Une frustration qui n’est pas passée ? Il est en effet plus facile d’aller tout droit vers le garde-manger que de rechercher la vraie nature de ce qui nous préoccupe.
Pour augmenter notre bien-être, prenons davantage conscience de nos émotions et apprenons à trouver des substituts à la tablette de chocolat qui nous guette dans le placard. Peut-être qu’une petite promenade nous ferait du bien, discuter avec une amie, écouter un morceau de musique ou un cours de Torah, sur Torah-Box par exemple. Dressons ainsi une petite liste de tout ce que nous aimons faire ; le simple fait de l’établir nous procurera déjà des sentiments positifs.
En pratique
Privilégiez les bons aliments, boire suffisamment (en été comme en hiver !!), avoir une activité physique, en bref avoir une bonne hygiène de vie, ce qui nous permettra d’avoir l’énergie nécessaire pour faire face à nos journées bien remplies. Voilà quelques conseils qui pourront nous aider dans cette voie :
- Se mettre en auto-observation quelques jours et se poser les questions suivantes : “Mes repas sont-ils équilibrés ?”, “Ai-je tendance à grignoter ?”, “Est-ce que je mange lentement, en y prenant du plaisir ?”, “Est-ce que parfois mes émotions m’attirent vers la nourriture ? Si oui, lesquelles ?”. Après cette prise de conscience, en avant le changement !
- Privilégier les fruits de saison, riches en vitamines C, et les produits naturels aux produits industriels.
- Aux mamans bien occupées : une petite collation dans le calme avant le retour des enfants permet de prendre des forces pour la suite !
N’oublions pas qu’à travers le verset « Et prenez bien garde de vos personnes » (Deutéronome. 4,15), on apprend que prendre soin de nous-mêmes et de notre santé fait partie des Mitsvot de notre sainte Torah ! Puissent toutes ces réflexions porter leurs beaux fruits en vous souhaitant une très bonne fête de Tou Bichvat !
Hanna-Léa ELLEB